Animation sur la Blockchain aux Jéco 2019

Animation sur la Blockchain aux Jéco 2019

Le 5 novembre dernier, j’ai eu le plaisir d’animer une table ronde sur la Blockchain, au delà des cryptomonnaies dans le cadre des Jéco 2019.

La blockchain au delà des crypto-monnaies

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Imaginez les hiéroglyphes des pyramides, L’Iliade et l’Odyssée ou encore les livres saints des religions monothéistes écrits dans un langage qui non seulement nous racontent des récits légendaires mais aussi leur propre histoire et les conditions de leur rédaction, quelque soit le support sur lequel nous les lisons ou les contemplons. C’est ce que propose la blockchain.

Mais qu’est-ce donc que cette machine si prometteuse ? En voici un portrait chinois, pour la rendre accessible aux plus littéraires !

La blockchain est « un très grand cahier que, librement et gratuitement, tout le monde [peut] lire, sur lequel chacun [peut] écrire, mais qui [est] impossible à effacer et indestructible »

Jean-Paul Delahaye, mathématicien.

Si la blockchain était une œuvre d’art

Campbell’s Soup d’Andy Wahrol

La définition macro de la blockchain est un registre décentralisé et garanti identique, quelque soit la source de consultation. A l’instar d’un document de travail collaboratif en ligne, chacun accède à la même information à un instant T. C’est pour cela que le Bitcoin, cette monnaie sans État capable de créer des millionnaires, a été possible : il n’y avait plus besoin d’une source d’information centrale, comme une banque ou une administration, pour que les données soient fiables.

Si la blockchain était un jeu

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La Blockchain n’est donc pas qu’un registre de données décentralisé mais aussi un livre de compte sécurisé. La clef de cette sécurisation réside dans son nom : block (ou brique), chain (enchainée). Pour s’assurer que chaque donnée est à sa place, elle est enchaînée à la précédente. Chaque brique d’information porte non seulement sa propre identification mais a aussi gravé le nom de sa prédécesseur grâce à des méthode de cryptographie, afin de garantir leur ordre d’apparition. L’enchainement est traçable par ce code, au même titre que la parentalité peut être déduite d’un code ADN d’un individu.

3. Si la blockchain était un mythe

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Pour garantir le registre, il faut aussi en sécuriser l’entrée. Il s’agit souvent de la preuve de travail (Proof of Work, PoW) qui consiste à demander à celui qui veut inscrire de nouvelles données de mettre à disposition de la communauté une plus grande capacité de calcul informatique que celle dont il a besoin. En clair, il faut résoudre un problème mathématique (c’est comme ça que fonctionne le minage pour le Bitcoin) comme Oedipe devait résoudre l’énigme du Sphinx. Répondre correctement, c’est gagner son passage dans la blockchain pour l’un, à la tête du royaume de Thèbes pour l’autre. Mais, tandis que le minage de bitcoin est aujourd’hui quatre fois plus énergivore que l’or, n’y aurait-il pas derrière cette histoire une malédiction ?

Intervenants

Fabien Aufrechter
Head of Havas Blockchain
 Richard Baron
Maître de conférences en Informatique, Université Jean Monnet Saint Etienne, GATE Lyon Saint-Etienne
 Edouard Faure
Greffe du Tribunal de commerce de Saint-Etienne, Chargé du développement de la Blockchain en matière de notifications inter-greffe pour le compte du GIE Intergreffe
 Amélie Favreau
Maître de conférence en Droit privé, Université de Grenoble
 

Modératrice

Morgane Remy
Reporters & Cie

La technologie blockchain est qualifiée de disruptive au sens où elle peut bouleverser les modes de fonctionnement dans un grand nombre de domaines. A titre d’exemples :
– dans la gestion de la chaîne logistique, elle permet d’enregistrer les informations de provenance des produits de manière sûre et transparente. Une grande chaîne de distribution française (Carrefour) utilise une technologie blockchain visant à améliorer la traçabilité des produits alimentaires pour les consommateurs ;
– dans le domaine de la propriété intellectuelle, elle permet de déposer de façon fiable et définitive des informations permettant d’assurer ultérieurement le respect des droits sur une oeuvre de l’esprit. Des systèmes permettent par exemple d’enregistrer des photographies afin d’en revendiquer les droits d’utilisation à venir ;
– dans la gestion des affaires publiques, la technologie blockchain permet d’enregistrer des informations relatives à un scrutin. Des cantons suisses envisagent son utilisation dans l’organisation des votations ;
– enfin dans la relation contractuelle en général, cette technologie permet d’enregistrer des smarts contracts entre des parties, contrats ayant vocation à se mettre en oeuvre au moins partiellement de manière automatique. Cette utilisation pourrait radicalement modifier tout un ensemble de relations contractuelles (assurance, transport…) et contribuer à de nouvelles formes de désintermédiation.

La liste des applications mentionnées ici ne se veut pas exhaustive, mais il s’agirait d’évoquer les applications de la technologie sans se limiter à celle des crypto-monnaies dont l’aspect sulfureux obscurcit souvent les débats.

 

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