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Courage, freinons.

Courage, freinons.

Je suis passée au 4/5e. Banal me direz-vous ! Mais pour une indépendante, féministe, hyper-active et passionnée par mes métiers (journaliste et formatrice), ce fut loin d’être simple. J’ai eu de nombreuses peurs à surmonter. Ou plutôt de nombreuses peurs à identifier pour mieux les vivre. 


Passer de 45 heures par semaine à 32 heures. Beaucoup de mamans le font pour leurs enfants ; certaines optent même pour un mi-temps. En tant que passionnée et féministe, je me suis toujours demandé si ce temps partiel était subi ou choisi.

Temps partiel et temps partiel subi, facteurs de précarité pour les femmes actives

Sonia Baudry, Stéphanie Fillion

C’est une nuance qu’apporte les sociologues et les économistes, notamment pour expliquer la différence de salaire homme-femme. Certes, elle n’est « que » de 12-13% à temps de travail égal mais cette différence double quand on prend comme référentiel le niveau de diplôme.

Alors je me suis posé 10 000 questions :

  • est-ce que je ne rentre pas dans un schéma sociétal ?
  • pourquoi est-ce moi qui prend mon mercredi ?
  • est-ce que je ne risque pas de me mettre sur le banc de touche ?
  • est-ce que mes clients vont comprendre que je refuse des missions ?
  • est-ce que je ne vais pas le payer plus tard ?


Alors pourquoi je l’ai fait? 

Je conçois la vie comme une succession de périodes.
Ou autrement dit : je peux tout avoir, mais pas en même temps.

La vingtaine fut pour moi une sorte d’adulescence dorée où l’insouciance se conjuguait avec l’autonomie. Où quelques excès permettaient de comprendre ce qui m’anime. Où les choix commençaient à réduire l’horizon des possibles… pour mieux m’engager.

La trentaine fut la décennie où j’ai compris que je n’étais pas immortelle. Ce fut le moment de construire, préparer l’avenir, sans hypothéquer le présent. Ce fut de belles années  ; elles le sont encore ; je n’en suis qu’à la moitié. Je construis donc ma famille.

Je craignais que cela soit un renoncement.
Je découvre avec délices que cela me permet aussi de renouer avec mon intuition et mon enfance, deux univers de créativité.

Alors, oui je manque cruellement de sommeil.
Mais aujourd’hui : je chante dans la rue à tue-tête, je fais des grimaces plusieurs fois par jour (excellent remède pour évacuer mon stress) ; je cours avec la poussette dans la rue pour le simple plaisir de décrocher un sourire de mon fils ; j’invente des histoires loufoques ; je tente des associations de saveurs mixées mais renouvelées ; je danse avec mon bout chou dans les bras à chaque occasion donnée ! 

Bref, c’est le bordel mais c’est joyeux. C’est un joyeux bordel. 

Et le bordel cela prend de la place et du temps. J’ai donc pris mes mercredis. Même si des freins personnels s’activent encore régulièrement, se coincent même, j’ai pris mes mercredis.

Je me suis laissé l’option de changer mais pour le moment, je vole ce temps. Je l’extirpe du canevas de mes peurs. Et j’enseigne à mon fils que le courage c’est ça, en fait. Ecouter l’élan de vie derrière l’écran de craintes. 

Et, finalement, vivre cela c’est aussi moi : la professionnelle féministe, passionnée et hyperactive qui a envie de partager et d’aider.

 

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